L’agrile du frêne


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L’agrile du frêne (Agrilus planipennis) est un petit coléoptère originaire d’Asie, où sa population est dans un équilibre naturel. Il fut découvert en Amérique du Nord pour la première fois en 2002, et a depuis causé la perte d’environ 100 millions de frênes en Ontario et aux États-Unis.

Ce sont les galeries creusées sous l’écorce lors du stade larvaire qui nuisent à la circulation de la sève et provoquent le dépérissement complet des arbres infestés en 2 à 4 ans. L’agrile du frêne représente sans aucun doute la pire menace que la forêt urbaine ait connue depuis l’épidémie de la maladie hollandaise de l’orme dans les années 1970.

Au stade adulte, l’agrile est un petit insecte de couleur vert émeraude qui a la capacité de voler, mais qui se déplace peu. Il se nourrit des feuilles du frêne de toutes les espèces et s’accouple abondamment jusqu’à la ponte des œufs sur l’écorce, préférablement dans les cannelures où les œufs seront à l’abri jusqu’à l’éclosion.

Les larves qui en sortiront, d’abord minuscules, pénètrent sous l’écorce pour se nourrir des tissus de l’écorce interne en creusant des galeries sinueuses pendant plusieurs mois. Les larves creusent ensuite plus profondément dans le bois et se retournent sur elles-mêmes pour amorcer la métamorphose vers le stade adulte.

À l’éveil, les adultes percent l’écorce pour émerger, occasionnant des trous finement découpés en forme de « D » et caractéristique de l’agrile du frêne, qu’on appelle trous de sortie. Bien que l’insecte puisse voler sur quelques kilomètres au stade adulte, l’étude de son comportement a démontré qu’il est plutôt sédentaire, et qu’il se déplaçait peu tant que la nourriture et l’habitat était abondamment disponible.

Les femelles auraient même tendance à pondre sur l’arbre dans lequel elles se sont développées. Un facteur important dans la propagation de l’agrile du frêne est la subtilité de sa présence. Les symptômes mettent généralement 2 ans à apparaître, puis les arbres infestés dépérissent ensuite très rapidement. L’agrile tue généralement son hôte en 3 ou 4 ans.

Dans plusieurs villes infestées, les autorités municipales l’ont découvert seulement lorsque plusieurs frênes ont dû être abattus simultanément. L’agrile sévissait depuis quelques années et avait eu le temps de se répandre sur de grandes étendues.

Il est alors souvent trop tard pour contenir l’infestation, mais les frênes de valeur peuvent être épargnés s’ils sont traités avant de démontrer d’importants symptômes de dépérissements.